Spiritualité

Dimension spirituelle dans l’accompagnement

Lorsqu’en fin 2019 le CCSC a souhaité mettre en place un Collectif pour la parole des chômeurs il a, pour ce faire,  inauguré une réflexion sur la nécessaire spiritualité qui nous anime tous, que nous soyons ou non affiliés à une religion.

Nous sommes tous habités par un souffle, par un esprit, par une histoire, par une spiritualité. Nous croyons qu’il faut savoir la nommer et y consentir. Et retrouver enfin le souffle nécessaire pour sortir d’un monde où l’on fabrique tant d’exclus, à commencer par la privation d’emploi.

Ce texte ne demande qu’à être enrichi : Dimension spirituelle dans l’accompagnement

 La dimension spirituelle dans l’accompagnement des personnes au chômage suite à la crise du coronavirus

Nous savions qu’une grave crise de l’emploi allait être engendrée par la crise sanitaire, avec la première et la deuxième vague et leurs conséquences sur l’économie. En cet automne, nous y sommes. De nombreuses personnes vont se trouver au chômage, en particulier des personnes qui avaient un emploi précaire, mais aussi des salariés dont les perspectives d’emploi étaient positives jusqu’au début de l’année 2020.

Beaucoup d’organisations sont sensibles à toutes les dimensions de ce que représente le chômage pour les personnes et les familles. Nous voulons mettre en avant une dimension qui n’est pas assez prise en compte dans notre société, c’est la dimension spirituelle.

Pour tous, croyants ou non, membres d’une religion ou pas, cette dimension spirituelle est fondamentale : C’est ce qui nous fait nous lever le matin pour affronter les épreuves quotidiennes, c’est cette source au fond de nous qui produit le courage de vivre. Elle s’exprime dans les liens noués avec les autres, mais aussi dans le retour sur soi, la méditation ou la prière.

Les liens familiaux, amicaux, sociaux sont une ressource essentielle pour les personnes, encore plus nécessaire quand elles rencontrent le chômage.

L’intériorité est aussi une ressource essentielle, mais elle peut être remise en cause par le drame personnel que représente le fait de tomber dans le chômage.

C’est pourquoi il nous semble important que tous se mobilisent pour proposer aux personnes qui vont se trouver privées d’emploi la possibilité de vivre une vraie fraternité. Les propositions qui suivent visent à mobiliser des groupes de convictions diverses : Des associations et des groupes non confessionnels, animés de valeurs humanistes, des groupes chrétiens (catholiques, protestants, évangéliques, orthodoxes), des groupes d’autres religions : musulmans, juifs, bouddhistes, hindouistes.

Il s’agirait de proposer une spiritualité de la traversée d’une épreuve en vue d’une nouvelle étape.

Une spiritualité qui creuse dans les ressources des religions ou des grandes traditions philosophiques, pour retrouver l’estime de soi, pour assumer la chute dans l’échelle sociale, pour repartir de l’avant, pour ressentir une vraie fraternité à l’intérieur du corps social. Durant le confinement, on a souligné le désir de solidarité qui se faisait jour. Il s’agit de ne pas éteindre ce désir dans cette nouvelle épreuve.

Voici trois initiatives possibles, qui peuvent être reliées entre elles :

  1. Créer des groupes de parole. Les personnes au chômage pourraient se retrouver, entre elles et avec des personnes en situation d’emploi et des retraités. Elles pourraient vider leur sac, exprimer leurs craintes et leur abattement, mais aussi leur résilience et les solutions qu’elles trouvent. Ces groupes pourraient être accompagnés par des membres des mouvements ou associations qui ont l’habitude d’un accompagnement de groupe.
  2. Créer des groupes d’entraide. Pour une réelle prise en charge commune que ne peuvent assurer seules les administrations et les associations existantes. Ces groupes pourraient soutenir des personnes privées d’emploi dans leur recherche d’un travail, dans leur désir d’une réorientation professionnelle, dans l’aide à leur famille et leurs enfants. Ces groupes pourraient aussi se retrouver pour des randonnées, du jogging, des loisirs, des activités de solidarité, etc. qui permettent de garder un rythme et une vie sociale.
  3. Proposer un parrainage ou un accompagnement individuel, avec un ou plutôt deux accompagnateurs, le temps qu’il faudra, tel que cela existe depuis des années par nos associations. La crise actuelle demande qu’on les multiplie.

Cette épreuve sanitaire qui nous touche tous comme une épée de Damoclès, et cette épreuve du chômage qui touche et va toucher tous les milieux professionnels peuvent nous aider à dépasser le chacun pour soi et nous ouvrir à une nouvelle solidarité. Tel est le but de nos propositions.

Annexe

Ces propositions pourraient se décliner de façon particulière suivant l’appartenance de convictions et de religions.

  • Pour des personnes qui se réfèrent à des valeurs humanistes

Dans notre pays, un nombre important de personnes sont engagées pour l’aide aux chômeurs, sans y inclure de dimension spirituelle explicite. Par ce texte, nous voudrions les inviter à intégrer cette dimension spirituelle (dans un sens large tel que nous l’avons défini) et de proposer un partage des convictions diverses. Nous pensons que cette démarche est essentielle pour les personnes qui vont se trouver privées d’emploi.

  • Pour les chrétiens

Nos propositions vont en direction d’abord des paroisses. En effet leur dimension territoriale fait que c’est souvent près de chez soi ou près de son lieu de travail qu’on cherche un lieu pour prier ou pour se confier. Les paroisses sont des lieux où des personnes de toutes conditions peuvent venir, même si elles ne font pas partie d’un réseau. Bien sûr, les paroisses sont souvent vieillissantes et les pauvres ont du mal à s’y sentir accueillis, mais elles restent une plateforme d’accueil possible de beaucoup de gens.

Dans les groupes de parole, un temps de prière avec un partage d’évangile permettrait de faire apparaitre la capacité de l’Evangile à redonner force et espérance, comme le faisait Jésus sur les routes de Palestine.

Cela permettrait de vivre l’épreuve comme disciple de Jésus, pour sentir « la fraternité qui existe dans le Christ » (Phi 2, 5) en faisant l’expérience de la vie dans le Corps du Christ. L’épreuve de cette crise peut faire découvrir le Corps du Christ de façon plus concrète, comme un corps vivant (bien au-delà des limites des communautés d’Eglise) où nous sommes « tous frères », selon le titre de l’encyclique du pape François. « Si un membre du Corps souffre, tous les membres partagent sa souffrance » (1Co 12,26).

Cette réalité du chômage, qui va toucher aussi des paroissiens et des membres de leurs familles (enfants et petits-enfants), demanderait à être intégrée dans la liturgie. Cela peut se faire dans la monition d’accueil des célébrations, dans les prédications, dans les intentions de prière. Des éléments de témoignages des groupes de paroles pourraient être exprimés dans le culte, dans une feuille paroissiale, etc. Les groupes de parole pourraient préparer de temps en temps des moments de prière. On pourrait mobiliser les groupes de prière de la paroisse à ces intentions. Pourquoi pas des chaines de prière pour les personnes au chômage ?

  • Pour les communautés des autres religions

Chaque religion a sa façon de vivre le culte. Il s’agirait de permettre avant et après la prière de proposer des rencontres pour constituer les groupes dont nous parlons. Dans leur prêche, l’imam ou le rabbin peuvent parler de la situation des chômeurs et montrer ainsi que cela concerne toute la communauté. Dans les communautés bouddhistes et hindouistes, des groupes d’entraide existent déjà bien souvent, ainsi que chez les musulmans et les juifs. C’est la force du bouddhisme, par exemple, d’aider à mieux vivre, en prenant soin de soi sans se désintéresser de l’autre.

VLC et les Béatitudes

Les béatitudes, c’est pour moi à la fois une déclaration d’amour, un portrait de Jésus et un programme de vie.

  • Une déclaration d’amour parce que Jésus nous révèle à travers ces paroles que les privilégiés de Dieu, ce sont les pauvres, les affamés, ceux qui pleurent et ceux qui sont rejetés. Dieu est de leur côté et il ne les abandonnera pas, comme il n’a pas abandonné Jésus au pouvoir de la mort. Le grand signe que Dieu est du côté des pauvres, des affamés, des souffrants, des rejetés, c’est la résurrection de Jésus. Heureux sont-ils parce que Dieu les aime, Dieu est avec eux. Heureux sommes-nous si nous, nous sommes aussi avec eux.
  • Un portrait de Jésus parce qu’il est pauvre, il s’est dépouillé de tout, il est né pauvre à la crèche, il est mort nu sur la croix. Il a eu faim au désert et a crié « j’ai soif » sur sa croix… Il a souffert sa passion dans les larmes et l’angoisse, rejoignant tous ceux qui souffrent. Enfin, il a été rejeté, méprisé, haï… Et pourtant, nous savons qu’il nous a montré le chemin du vrai bonheur car tout cela, il l’a vécu dans l’amour. Les béatitudes, c’est le style de vie de Jésus. Heureux ceux qui lui ressemblent, car ce sont des fils et des filles de Dieu.
  • Un programme de vie : comme Jésus et à sa suite, nous devons tout faire, dès ici bas, pour que soient heureux les pauvres, c’est-à-dire pour qu’ils soient libérés de la misère ; pour que soient heureux les affamés, c’est-à-dire pour qu’ils mangent à leur faim ; pour que soient heureux les affligés, c’est-à-dire pour qu’ils soient consolés et entourés ; pour que soient heureux, ici et maintenant, les rejetés, les exclus de toute sorte.

Les béatitudes, c’est le monde à l’envers ! C’est « l’inversion évangélique » qui nous appelle à la conversion. Et nous n’aurons jamais fini de remettre le monde à l’endroit avec l’Esprit de Jésus.

Jean-Pierre Roche, théologien

Dans la rencontre de l’autre

La solidarité, un chemin de spiritualité

Beaucoup de nos contemporains sont engagés dans des actions de solidarité. Dans le cadre de leur profession ou au sein d’un bénévolat associatif. Et la solidarité se révèle devenir un chemin de spiritualité parcouru par beaucoup.

La solidarité est aujourd’hui un moyen expérimenté par beaucoup pour découvrir qu’il y a « plus en l’être humain » que les apparences, et témoigner que, dans la rencontre de l’autre, on se trouve aussi soi-même.

La solidarité vécue peut devenir un chemin de spiritualité. On pressent que dans la solidarité, on peut faire l’expérience d’un accomplissement, d’une plénitude de l’esprit et du cœur. Dans le champ de la solidarité, on parle d’expériences et de pratiques. Et non de doctrines et de dogmes, auxquels nos contemporains sont souvent allergiques.

Tout homme est inachevé. Cette ouverture de l’être humain sur autre chose, sur un « plus que lui-même » auquel il aspire sans pouvoir toujours le désigner clairement, beaucoup font cette expérience au contact de personnes en difficulté, en vulnérabilité ou de personnes malades ou handicapées. On retrouve avec elles la simplicité, la réconciliation, l’espoir, parfois la joie de vivre et la relation.

Pratiquer la solidarité donne parfois un sens à son temps libre, à sa relative prospérité ou à ses privilèges (argent, ou santé, ou temps disponible). On donne un peu d’argent ou de temps. Et on fait cette découverte que l’on reçoit bien plus que ce qu’on a donné. Les mots manquent pour décrire cette expérience. On hésite à utiliser des mots grandioses ou pathétiques. On se réfugie derrière des phrases toutes faites : « j’ai beaucoup reçu dans ma vie, alors je tente de rendre un peu ». Sentiment qu’il faut rembourser une dette !

Les pauvres et démunis, les précaires et blessés de la vie donnent plus à ceux qui les entourent que ce que le bénévole et le donateur ne peuvent leur donner. Voilà une expérience qu’il est donné de faire à de nombreux bénévoles d’associations. Cette expérience est de l’ordre de la vie personnelle, de la vie intérieure, de la vie spirituelle.

Une expérience qui ouvre sur un sentiment océanique, un élargissement du cœur aux dimensions de l’humanité, une expérience qui procure un état de plénitude, un sentiment d’accomplissement intérieur. Ce que l’on appelle en général une expérience spirituelle.

P. Antoine Sondag

« Salut et guérison dans la diaconie de l’Eglise en France »

Conférence d’Etienne Grieu, sj, Lourdes – septembre 2017

Lire

Au cœur de la solidarité, la joie de l’Évangile

Pour mettre en acte(s) l’exhortation du pape François

Nous sommes à une heure de l’histoire de l’Eglise particulièrement passionnante grâce à l’engagement du pape François, qui nous invite à relire notre vie au cœur de la société contemporaine.

La_Joie_de_l_Evangile

L’appel à la joie vivifie l’ensemble de son exhortation et entraîne  toute  l’Eglise, donc  chaque  chrétien, à être porteur de l’Evangile, serviteur de ses frères et sœurs en difficulté.

Il est joyeux le témoin de l’Evangile, l’artisan de justice et de paix ! Joyeux d’être appelé.  « Je suis une mission sur cette terre et pour cela je suis dans le monde. Je dois reconnaître que je suis marqué au fer par cette mission, afin d’éclairer, de bénir, de vivifier, de soulager, de guérir, de libérer. »

Le service du frère consiste moins à « faire pour »  qu’à « faire avec », moins à donner qu’à se donner. Au cœur de ce don, la joie de l’Evangile peut transfigurer une action de solidarité en charité pleine et entière.

Répondre à l’appel de Jésus  « implique autant la coopération pour résoudre les causes structurelles de la pauvreté et le développement intégral des pauvres, que les gestes simples et quotidiens de solidarité devant les misères concrètes que nous rencontrons. »

Si les pauvres ne sont pas là pour entendre l’Evangile, ils manquent à l’Eglise.

Car dans le Christ, Dieu ne rachète pas seulement l’individu mais aussi les relations sociales entre les hommes.

Le mot solidarité peut paraître un peu usé, mais il désigne beaucoup plus que quelques actes sporadiques de générosité. Il demande de créer une nouvelle mentalité qui pense en termes de communauté, de priorité de la vie de tous sur l’appropriation des biens de quelques-uns.

Il y a là pour l’Eglise, donc pour nous, un choix fondateur, il s’agit d’un mouvement, d’un élan qui se traduit en deux mots : « sortir » pour aller  vers les « périphéries » existentielles.

L’Eglise du pape François nous appelle à être  compagnons de route de nos contemporains en recherche de Dieu et désireux de le rencontrer, à être  attentifs à toutes formes de pauvretés et de fragilités dans lesquelles nous sommes appelés à reconnaître le Christ souffrant.

Jean-Pierre Pascual
(diacre, président du CCSC)

En quoi la précarité au travail interpelle ma foi de chrétien ?

Comment lire l’Evangile aujourd’hui à ce sujet ?St Martin

On ne peut oublier ni les chiffres (considérables, comment fait-on pour s’y habituer?) ni les récits – paroles – qui témoignent de la violence de cette expérience de la précarité et du chômage ; lorsqu’elle dure, elle renvoie à la pauvreté, au mépris, à la solitude (on ne se fait pas d’amis lorsque l’on est au chômage), à l’angoisse et à la redoutable expérience de l’abandon, c’est-à-dire de l’affrontement à la mort ; le chômage et la précarité posent la question de cette société qui marginalise et rejette un fort pourcentage de sa population (près de 20%) ; ils posent surtout à celles et ceux qui les subissent la question de leur utilité, du sens de leur existence, et plus fondamentalement, de leur identité ; en cela le chômage et la précarité posent aussi de redoutables problèmes d’ordre spirituel.

Des paraboles pour notre temps – lire la suite : Paraboles_pour_notre_temps


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Pour un cheminement spirituel

Deux points peuvent être particulièrement soulignés

~        L’Evangile nous fait voir la société comme le visage de ses victimes ; nous devons ouvrir les yeux et briser les cadres d’interprétation trop étroits. « Le changement le plus important que les gens peuvent faire, c’est de changer leur façon de voir le monde. » (lu dans le rapport de la commission des Nations-Unies sur la Global Governance). Et regarder, c’est vouloir interpréter le monde dans lequel nous vivons comme ayant un sens. Cette quête de sens est recherche de solutions concrètes, nouvelles, imaginatives : ne pas fuir devant les drames, les épreuves et en même temps être en capacité de voir le beau, le bien, ce qui se réalise de positif en et par chacun.

~        Enfinplus récemmentles textes parlent de « justice contributive » par là lEglise soutient que tout être humain, quel quil soitdoit pouvoir et doit apporter sa richesse personnelle pour le développement du bien commun. Une façon de refuser lassistanat ou le développement d’une société à deuou trois vitesses.

« Le point de rencontre entre l’Evangile et le monde, cest notre travail, ce sont nos choix danla vie de chaque jour; paroles enracinées danun engagement réel et reconnaissable, parole devenuparole vivante»

 NLe livret « Nos convictions » établi par le CCSC en ma2000 noublie rien de cet enseignement social de lEglise.

Pour un cheminement spirituel.

 Il s’agit bien dun cheminementcomme un sentier sur une crête et dont on ne connaît pas vraiment le point d’arrivée mais qu’il faut bien prendre, auquel il faut bien « consentir ». Cheminement nocturne souvent, tant pour celle ou celui qui subit précarité et chômage que pour celles et ceux qui sont proches.

« Pour moi, le plus dur ça a été le manque de reconnaissance sociale, la lente dégradation de ma confiance en moi-même, le regard de mes proches, surtout de mes enfants … Et puis il y a le silence à longueur de journée, une fatigue que l’on ne s’explique pas. » Deux phrases pour dire l’essentiel. On existe aux yeux des autres, à condition qu’il y ait des autres ; or le chômage et les situations précaires isolent, détruisent la confiance, conduisent au silence y compris face à la société : ils renvoient aux échecs et blessures de notre propre histoire, lesquels «expliquent» les difficultés d’aujourd’hui et nous impose le silence (« ils n’explosent pas, ils implosent» a-t-on dit).

Pour être reconnu, il faut compter pour un autre, avoir des droits et les faire valoir, être en capacité de développer ses capacités personnelles et de les mettre au service de tous. Peut-être pouvons-nous trouver là le fil rouge d’un cheminement.

Compter pour un autre. Compter vraiment, c’est-à-dire pouvoir relire, réécrire grâce à lui sa propre histoire, jusqu’au bout des blessures ; au proche, on ne lui dira pas tout, mais « je peux tout dire à Dieu ». Etonnant témoignage de cette femme de tradition bouddhiste qui, dans les camps des Khmers rouges, a résisté parce qu’elle criait sa colère au Dieu des chrétiens, au Dieu de Job qu’elle ne connaissait pas ; il était son seul interlocuteur, celui qui l’a maintenue debout : d’une certaine manière, la révolte dans sa souffrance a fait d’elle un sujet et c’est là une chose précieuse. Le proche, lui, commencera par le silence (les 7 jours de silence qui inaugurent le débat de Job et de ses amis), il acceptera de tout entendre sans juger, sans savoir d’avance c’est-à-dire en se défaisant du lien que l’on fait habituellement entre le mal et le malheur. Le première tentation (originelle) est celle de «savoir », de connaître (Cf. Genèse et 3), ce même savoir qui empêchera les contemporains de Jésus de le reconnaître pour ce qu’il est en vérité. Notre première parole, c’est cette écoute jusqu’au bout de la souffrance, sans détour, sans savoir, en donnant à l’autre le temps de ré-écrire ainsi sa propre histoire, lui qui n’avait plus de passé parce que l’avenir est bouché et le présent trop difficile.

Cela suppose de la part du proche qu’il ait traversé lui aussi sa propre histoire, pour écouter vraiment sans projeter ses propres malheurs sur celui qu’il écoute. Alors il pourra discerner une commune humanité, dire l’expérience que l’on n’est jamais enfermé dans une situation.

Gérard Marle

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