Témoignages

Vous êtes au chômage, vous-même ou l’un de vos proches, vous pouvez aussi apporter votre commentaire ou votre propre témoignage – voir au bas de cette page.

Sylvain, Michel, Sophie, Alain et les autres face au numérique

« L’outil numérique, j’ai horreur de ça ». Sylvain a quarante-trois, deux enfants. Dix-sept ans de travail en menuiserie. La maladie, la galère, plus de deux années de chômage – c’est un mot qu’il n’emploiera pas, il se dit en recherche de travail – . Pôle emploi lui a proposé une formation  en informatique, mais c’était une formation « en autonomie », on devait se débrouiller tout seul. On me montrait comment  je devais m’y prendre, à grande vitesse, j’étais perdu ; heureusement qu’une femme en stage elle-aussi, pouvait m’aider. Ce n’est pas drôle d’avoir toujours besoin de quelqu’un. C’est bien pour ceux qui ont des bases, mais moi, j’étais perdu »

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Yves et Michel, du Collectif emploi – Soissons

Annette lui raconte qu’un jeune avait la même allergie à l’informatique, mais il s’est apprivoisé à un logiciel, Word en l’occurrence, à partir de sa passion pour le sport : il copiait, mettait en page, insérait des photos, rectifiait, rédigeait même un bout de texte. Ce matin-là, Sylvain n’en démordait pas : « Je n’aime pas çà. Je suis très vite perdu, et si je n’ai personne à qui demander, je panique de suite. Jusqu’à présent, ça ne m’a pas empêché de vivre ! ». Alain est venu à son secours. Il a cinquante-huit ans, il a été coursier à Paris avant de venir dans l’Aisne, habiter un village (deux mille habitants tout de même). Lui aussi, en recherche d’emploi depuis plus de deux ans – « à cinquante-huit ans, qu’est-ce que Pôle emploi peut me proposer, à part des petits boulots mal rémunérés ; je veux bien bosser , mais je veux être payé normalement ». Il n’a pas la même répugnance à l’ordinateur, « c’est d’utilisation difficile », mais il n’a pas de voiture, alors, « la recherche d’emploi dans la région proche, dans le village, c’est vite fait ! On n’est pas à Paris, ici. » Il n’a pas l’argent pour acheter une voiture, même pas une moto (« une cent vingt-cinq, cela me suffirait ») ; quant à déménager, « quel est le banquier qui va me faire un prêt, à  moi pour qui toucher le Smic, ce serait la richesse ? » L’intérêt pour l’outil informatique est donc tout relatif. « Je me méfie des sites où tout est gratuit à ce qu’ils disent. Il doit y avoir de l’arnaque. Je n’ai pas confiance.  Je vis dans un mode qui ne me plait pas. »

Sylvain, Alain, Manu, Marc, Yves, Christine, Sophie, Annette, Louis, Michel, Joël, Gaëlle, Elisabeth, Denis, Maryvonne, William, en recherche d’emploi ou accompagnateurs,  ils se retrouvent une fois par mois dans ce que la responsable locale du Secours catholique appelle le « collectif emploi ». Elle explique :  « On se fait confiance et on avance. On se retrouve d’abord dans ce groupe, et s’il y a nécessité d’un accompagnement individuel, on assure. Ici, c’est un peu la famille ; et on est plus intelligent quand on est à plusieurs ; les ressources et les compétences ne manquent pas». Ce que confirme Christine, elle aussi en recherche d’emploi, quarante-neuf ans et mère de quatre enfants : «Je viens du Cameroun, j’ai des diplômes, mais qui ne sont pas reconnus. Ici, je me retrouve,  je suis devenue une autre personne ; ce groupe fait grossir mon cœur ».

Michel est plus jeune. A vingt-trois ans, il annonce vingt-deux semaines de travail en deux ans et quelques problèmes de santé. « La Mission locale ne me laisse pas tomber ; je veux passer mon permis de conduire, mais ils n’ont plus de sous. » Annette lui affirme qu’une loi oblige les mairies à financer le permis. Il n’a pas d’ordinateur à la maison, seulement une adresse mail sur son portable : « En mairie, il faut pleurer pour avoir une photocopie ! » Yves poursuit : « Je crois que pour trente euros, on peut apprendre le code par internet ! A Pôle emploi, il y a une dizaine d’ordinateurs disponibles pour nos démarches ; si on est perdu, il y a des jeunes en Service civique pour nous guider. C’est un super moyen de s’informer, il n’y a pas que les petites annonces. Tu peux te renseigner sur l’entreprise à laquelle tu envoies ton CV, c’est mieux pour rédiger ta lettre de motivation ! En tout cas, il y en a qui restent des journées complètes devant leur écran. » Yves constate qu’il est plus facile d’utiliser les ordinateurs de Pôle emploi pour accéder aux divers sites de l’agence : « je ne sais pas pourquoi, chez moi, ça bug tout le temps ».

Ils ont tous entendu que pour Pôle emploi, l’outil informatique permet à ceux qui recherchent un travail de faire seuls les premières démarches administratives, en tout cas à ceux qui en ont la possibilité, ce qui donne aux agents de Pôle emploi davantage de temps pour accompagner ceux qui en ont besoin. Ce qui semble être le cas dans leur département. « Mais pour moi, tout va trop vite : j’ai peur, dit Sylvain, de donner des informations personnelles,  j’ai peu de me tromper,  de ne pouvoir revenir en arrière, et de me voir sucrer mes droits. »

Le Secours catholique va ouvrir prochainement un atelier d’initiation à l’informatique  – « les sortir de leurs peurs ; il y a de belles histoires : je me souviens de ce jeune, dyslexique, qui lisait mal donc. Il s’y est collé, il a pris le temps, aujourd’hui il a fondé sa boite ! », Sophie, secrétaire en recherche d’emploi,  en parle encore avec émotion. Il faut encourager, dégonfler les appréhensions. Deux choses restent indispensables, tout d’abord l’accompagnement. L’ordinateur en soi n’encourage pas, « sa capacité d’empathie est très limitée ! », la présence de quelqu’un  de bienveillant est incontournable, et quand on est sans emploi, on se retrouve vite isolé. Mais cela suppose que l’on ait un ordinateur et ce n’est pas avec le RSA que l’on peut espérer en avoir ou l’en changer. « Je vois bien, dit Alain, qu’on en récupère lorsqu’on habite près de la Défense ou d’autres sièges sociaux. A la campagne, on est oublié. Je sais bien que dans un centre social, il y en a de disponibles, mais chacun devrait pouvoir en avoir chez lui. »

Ce matin-là, personne n’a signé de pétition, ni aucun manifeste. Ils se comprenaient. « J’ai de la patience » résume William.

Témoignages recueillis par Gérard Marle, à l’antenne « Collectif emploi » du Secours catholique à Soissons

 

Michel a « retrouvé la joie de vivre ».

Lire l’article de La Croix, du 25 octobre 2013
 
 
 

Témoignage de Bernadette lors du forum de Diaconia, en présence de 300 participants

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Contexte

Après 6 ans tournée vers les enfants et le foyer, je suis amenée à rechercher du travail suite à une séparation. Cette situation me fait repenser l’avenir.

Qu’est ce que  je peux investir? Quelles disponibilités? Quelle priorité? La place des enfants dans mes critères professionnels?

J’ai choisi de  revenir vers la comptabilité qui m’assurerait plus de stabilités, de plus grandes chances d’obtenir une CDI.  J’ai choisi la voix du raisonnable, qui n’était pas forcément la plus simple. Cela faisait plus de 15 ans que je n’avais pas fait de comptabilité en entreprise.

Dans les premières années de la séparation, il s’agissait de ne pas s’effondrer, de se reconstruire. Tout en cherchant un travail pérenne.

Une situation d’instabilité qui va durer au moins 5 ans. Les deux premières  années des petits boulots pas toujours gratifiants mais on met son orgueil de coté.

L’incertitude du lendemain par contre est là en permanence.

Il s’agissait d’avancer… de continuer… de ne pas s’arrêter…

Je n’avais pas d’autre choix que d’avancer, la présence des enfants était un moteur. De plus, m’arrêter…c’était prendre le risque de voir combien c’était difficile. M’arrêter… c’était en perdre  le courage de repartir.

La troisième année, j’ai fait une première formation en informatique avec quelques notions de comptabilité, ce qui m’a  permis de travailler dans une PME au service réception marchandises, gestion et suivi des stocks. Enfin ! un premier pas dans une entreprise avec l’espoir d’un CDI et un poste qui se rapproche de l’administratif.

Cette expérience m’avait confortée dans mon choix de revenir vers la comptabilité même si cela me paraissait inatteignable de là où j’en étais de la confiance en moi… de mes expériences…. de mes compétences… mais aussi de ma reconstruction personnelle.

Bien qu’il y ait une perspective d’embauche à la fin de mon CDD,  je sollicite un entretien en avançant mon désir d’intégrer l’équipe comptable. Face au refus de la direction,  je n’ai pas donné suite, je suis partie à la fin de mon contrat.

Cette prise de position était ma première confrontation avec ce que je voulais.

A la fin de ce contrat, une nouvelle  période de chômage démarre.

2 ans de recherche, d’attente, de doute, d’espoir, de déception, d’angoisse entrecoupés toujours de courtes périodes de remplacement par-ci par-là.

Mais c’est aussi une période de valorisation, de détermination, d’affirmation de mes critères. Une période où certaines opportunités ont fait signes de Vie, d’Espérance.

Il me paraît intéressant aujourd’hui de pointer, de relire ce qui a été aidant pour moi pendant cette période, ce qui m’a aidé à tenir dans cette épreuve :

  • LES ENFANTS ; ce temps d’instabilité ils le vivaient aussi, alors  ne pas s’arrêter, continuer, avancer, avancer  pour eux…  Je voulais qu’ils soient fiers de moi…
  • LES AMIS ; les lieux de rencontres, de parole et d’écoute, équipe action catholique, une formation de lecture biblique,  club de lecture… Je sentais qu’il était important de ne jamais me couper des autres, de ne pas m’isoler.
  • Une DÉTERMINATION A RECONNAÎTRE dans les événements bons ou moins bons des signes PORTEURS DE VIE… pour essayer d’être la plus ajustée possible.
  • Une ASSOCIATION D’ACCOMPAGNEMENT DE CHÔMEURS où je rencontrais régulièrement une accompagnatrice qui m’a aidée à faire toutes les démarches habituelles liées à la recherche d’un emploi. Une heure par semaine de relecture, de bilan constructif. Avec un vrai accompagnement personnalisé, une écoute et une reconnaissance autour du vide de cette situation. Des pistes pour lire et utiliser chaque signe pour garder espoir.
  •  LES CRITÈRES ; les critères que je m’étais fixée : travailler dans une PME, un poste de secrétaire comptable, un ¾ temps, proche de la maison, pas de déplacement afin d’être près des enfants et passer du temps avec eux.
  • La question difficile pour moi était : à quel salaire je pouvais prétendre. On a beau travailler cette question en atelier de simulation d’entretien, elle reste très personnelle et transparaît dans l’image que l’on renvoie de soi. Pour moi elle a été vraiment liée  à ce dont je me sentais capable.

 A l’occasion de cet accompagnement j’ai fait une remise à niveau en comptabilité. A la suite de cette deuxième formation j’ai trouvé un poste de secrétaire comptable dans une entreprise d’insertion où moi-même j’étais embauchée en insertion.

  • LA REMISE A NIVEAU en comptabilité m’a vraiment permis de dire que «j’avais un métier», que je pouvais prétendre à un poste de comptable et mettre en avant «DES» compétences. Je ne pouvais pas encore dire «MES» compétences, mais un énorme pas avait été fait.
  • THÉÂTRE ; à la fin de cette remise à niveau j’ai participé à un projet d’insertion par le théâtre. Cette expérience m’a obligée à mobiliser 2 mois à temps complet. J’ai vécu une belle expérience de dépassement de soi.
  • Je découvrais un univers que je ne connaissais pas. Aller chercher du vécu à l’intérieur de moi, des émotions, des situations… les transformer pour les mettre en scène. Ça a été extraordinaire et salvateur.
  •  MES VALEURS : me respecter, écouter mon cœur  la fidélité à mes engagements. Pendant ces répétitions, j’ai passé un entretien pour un poste de comptable que j’ai refusé. A cette époque mon argument était la fidélité à l’engagement que j’avais pris envers l’atelier théâtre et accepter ce poste aurait tout remis en question.
  • Mais aujourd’hui à la relecture, j’ai dit non, aussi, parce que j’ai eu peur… parce que je n’étais pas prête, j’étais vulnérable, fragile et je me suis sentie en danger.
  • Cette femme avec qui j’ai passé cet entretien donnait l’impression d’une si grande maîtrise, elle n’avait pas de temps à perdre, elle avait besoin de quelqu’un d’opérationnel de suite…
  • J’ai eu peur de « cet opérationnel de suite ». Cette formation m’avait donné « des » compétences mais j’avais besoin de me les approprier et pour cela, j’avais besoin de temps… et cette femme ne m’en offrait pas.

Refuser un poste lorsqu’on cherche du travail c’est le comble. J’avais écouté mon cœur.  Cela aurait été intéressant qu’à ce moment-là quelqu’un me rassure sur le fait que j’avais le droit de prendre le temps de me former sans ressentir cette culpabilité…

Quelques semaines plus tard après cette expérience de théâtre j’étais embauchée comme secrétaire comptable dans cette petite entreprise d’insertion.

Je suis arrivée à cet entretien  à bout de souffle, je n’en pouvais plus de ce chômage. Pendant ces deux ans, j’avais  répondu à des centaines d’offres, envoyé autant de candidatures spontanées. Au final j’ai dû passé 5 entretiens…

J’avais fait un long  cheminement mais je n’avais pas la distance à l’époque pour le voir. J’étais épuisée ; épuisée d’anxiété,de lendemains difficiles, de réponses négatives, de faux espoirs, des questions : « alors tu en es où, t’as trouvé ? » ou « Ah, tu es encore au chômage…», « tu cherches encore » et mieux « tu cherches vraiment ? » et autres remarques… regards….  et silences gênés qui usent….

Mon poste consistait dans un premier temps à informatiser toute la comptabilité qui se faisait sur papier, je devais tout créer, tout paramétrer. Ce statut de comptable unique en insertion me permettait de travailler à mon rythme, m’organiser comme je voulais. J’ai vraiment appris mon métier et je pouvais enfin dire « MES» compétences lorsque j’ai quitté ce poste. Aujourd’hui je fais la comptabilité dans une structure internationale d’ingénieurs.

 Conclusion

Avec le recul ce qui a été invalidant c’est d’avoir été réduite. De me confondre, voire de me réduire moi-même à cette identité du chômeur. Ce qui gouverne une vie ne se limite pas au fait d’être chômeur, de chercher du travail ou même de travailler, il y a tant d’autres aspects, tant d’autres choses qui nous constituent.

Rien ne s’est fait au hasard, tout s’est articulé entre la reconstruction personnelle, ce que j’étais capable de vivre, ce que j’avais besoin d’expérimenter, ma vulnérabilité, mes compétences…

Beaucoup de choses ont concouru à me donner confiance, à faire signe de vie.

L’important c’est de continuer… d’avancer… de croire…

Je me demande ce qui m’aurait aidé à cette époque pour ne pas me laisser réduire ?

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Témoignage d’Anne-Marie

Témoignage lu par Yvette Martin

Témoignage lu par Yvette Martin

Depuis plusieurs années au retour des vacances d’été, nous appréhendions d’apprendre la nouvelle d’un nouveau plan de licenciement dans l’entreprise de mon mari.

La nouvelle tomba en septembre ; stupéfaction, angoisse pour le lendemain. Tout s’écroulait.

Il fallait garder quand même l’espoir de retrouver du travail.

Au début, malgré l’angoisse, nous restions debout car mon mari, ancien syndicaliste, s’est occupé des négociations du plan social pour lui et ses camarades avec la direction.

L’entreprise leur propose qu’à jour fixe, ils peuvent venir dans l’entreprise, pour faire des photocopies, pour les envois de CV et les aider dans leur recherche d’emploi.

Puis un jour le directeur leur signifie que c’est terminé.

De ce jour, mon mari se retrouve seul, là un changement se produit.

Moi je travaille et c’est vraiment deux mondes qui se côtoient. Nous n’avions pas les mêmes préoccupations. Il n’était pas habitué à aider aux tâches ménagères. Un fossé se creuse.

Puis l’éloignement de certains amis ; « un chômeur   doit obligatoirement retrouver du travail, s’il ne trouve pas c’est de sa faute. »  Blessure difficilement cicatrisable.

Après des années difficiles car toujours les mêmes réponses, trop qualifié, le salaire serait trop élevé pour l’entreprise et comme les années de la rupture sont importantes, inexploitable. Cela n’est pas exprimé mais ressenti.

Un jour, j’ai demandé à un ami qui était responsable des restos du cœur dans notre région de contacter mon mari pour lui demander de devenir bénévole dans l’association des restos.

Mon ami lui fait la demande et mon mari accepte et prend en charge la gestion du centre.

Après des semaines, je le sens mieux, il a retrouvé des amis,  des relations, un sens à sa vie.

Le jour de ses 60 ans, il m’annonce qu’il va organiser une fête avec la famille, les amis. Au départ, je ne comprends pas, puis après réflexion, je comprends, il change de statut. Il devient retraité et plus chômeur.

Pour lui c’est important.

Pour la société le regard change sur ces hommes et ces femmes.

Un commentaire pour Témoignages

  1. Même après avoir lu le livre écrit par Claude Halmos [« Est-ce ainsi que les hommes vivent? »], je trouve difficile de ne pas culpabiliser. J’ai 52 ans, je n’ai plus travaillé depuis 2012, j’ai fait « des trucs et des machins » ici et là, je suis bac+3 mais je n’ai pas de métier. Ce matin, je suis allé rencontrer ma conseillère Pôle Emploi pour la dernière fois. C’est la fin de l’accompagnement global, on va me refiler à un autre conseiller. L’entretien s’est mal passé, on m’emmerde avec ma barbe, qu’il faudrait que je rase et mon refus est, paraît-il, un problème d’égo (surdimmensionné?). Il est même possible qu’on supprime mon ‘rsa’. Ah oui, il est important de mentionner que j’habite une ville d’eau, sur la rive française du lac léman, avec l’Eldorado suisse tout proche. Mais pour paraphraser Daniel Balavoine, je ne peux pas, je ne sais pas (ce que je veux ou ce que je peux) et je reste planté là.

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